Association Nationale de Défense des Victimes de l'Amiante

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Conférence de presse : création du CAPER 42

17 janvier 2002
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CAPER 42

Comité Amiante Prévenir et Réparer Loire

Pour le Droit de la personne humaine

Conférence de Presse du jeudi 17 janvier 2002

Pourquoi une association de défense des victimes de l’amiante dans la Loire ?

Eh bien, parce que si l’amiante est aujourd’hui presque totalement banni de la production et de la consommation, l’amiante persiste indéfiniment dans le corps.

Le nombre de ses victimes est appelé à augmenter. Il va augmenter parce que les délais d’apparition des maladies de l’amiante peuvent être assez longs et parce que ces maladies sont de plus en plus connues, malgré de grosses lacunes dans le système médical.

Le nombre de victimes de l’amiante est sous-estimé et ne peut que s’accroître dans les 25 années à venir. Cette augmentation touchera indistinctement le monde professionnel et non-professionnel.

Beaucoup de ces victimes se taisent ou même ne sont pas conscientes de l’origine de leur mal.

Face à une telle situation, nous avons estimé qu’une association de défense des victimes de l’amiante devait voir le jour.

Elle se vuet un centre de cconseil qui va aiguiller les victimes de l’amiante vers le service approprié : médecin généraliste ou pneumologue pour les aspects médicaux, cabinets d’avocats pour les actions en justice.

L’association sera aussi un lieu d’achange d’expériences vécues et de solidarité.

Elle veut que l’on reconnaisse officiellement la réalité et la gravité des atteintes à la santé provoquées par l’amiante, et un dépistage correct de toutes les victimes de l’amiante.

Souvent isolées, rongées par des maladies douloureuses et invalidantes, les victimes de l’amiante ont décidé de se regrouper.

Les personnes atteintes de maladies provoquées par l’amiante ne souffriront plus en silence. Notre association CAPER 42, veut amener les pouvoirs publics et les entreprises à prendre leurs responsabilités tout en sensibilisant le corps médical.

La longueur du temps de latence entre l’exposition à l’amiante et l’apparition de la maladie rend parfois l’imputation professionnelle difficile si le travailleur n’a pas été employé dans un secteur d’acitivté "connu" : amiante ciment, filature, freins, fonderie, sidérurgie, forge, verrerie, chimie, isolation, etc.

Il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé longtemps dans une société où il y a de l’amiante pour développer un mésothéliome. Un seul intérim peut suffire.

Les travailleurs indépendants et les artisans ont aussi été beaucoup exposés à l’amiante dans le cadre de leur activité professionnelle (chauffagistes, garagistes, couvreurs, électriciens, menuisiers, architectes, etc.)

De nombreuses victimes ont été contaminées à la suite d’une exposition non-professionnelle :

- riverains d’entreprises qui fabriquaient ou utilisaient des produits à base d’amiante

- membres des familles des travailleurs de l’amiante qui peuvent avoir été atteints de façon indirecte par les effets du travail du conjoint ou du parent (poussière dans les vêtements ou dans les cheveux)

- les employés de bureaux ou technicien de services, publics ou privés, qui travaillent dans des locaux où l’amiante est présent de façon dégradée.

Les perspectives épidémiologiques sont inquiétantes en Europe pour les cancers liés à l’amiante

L’épidémiologiste anglais Julian PETO, se basant sur les données de six pays d’Europe Occidentale, France, Italie, Suisse, Allemagne, Pays-Bas, U.K., avance le chiffre de 250.000 décès en Europe de l’Ouest d’ici 2030. Le pic serait atteint vers 2020.

Dans une expertise collective sur l’amiante publiée en 1996, les chercheurs de l’INSERM ont évalué à 1950 cas de cancers imputables à l’inhalation de fibres d’amiante.

Une fibre d’amiante est en moyenne 400 à 2000 fois plus petite qu’un cheveu humain

et n’est pas décelable à l’oeil nu dans le mouvement des poussières.

L’épidémie de cancers s’étend maintenant à une population bien plus large que les seuls ouvriers des usines. Plus d’un tiers des victimes sont des femmes.

Pourtant l’amiante a été classsé cancérogène par le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) dès 1977.

Le Président de l’Association Nationale de Défense des Victimes de l’Amiante (ANDEVA), François DESRIAUX, a rappelé récemment que plus de 100.000 décès dus à l’amiante sont attendus d’ici à 2025. Ce chiffre met en évidence l’ampleur de la catastrophe sanitaire.

Dans la Loire un très grand nombre de salariés ont été exposés aux fibres et aux poussières d’amiante.

Des centaines de travailleurs ont été contaminés. De nombreux décès ont déjà été recensés dans de nombreuses entreprises.

A USINOR INDUSTEEL, usine de Chateauneuf : 10 cas de plaques pleurales, 1 cas d’asbestose, 13 cas de méso théliome pleural. A ce jour, 10 personnes sont décédées. Tous ces cas ont été reconnus par la sécurité sociale.

A SETFORGE L’HORME : 1 cas de plaques pleurales reconnu. Devant le refus de la direction de recenser les travailleurs exposés à l’amiante, le CHSCT a distribué un questionnaire d’exposition à l’amiante afin de recenser le personnel ayant travaillé ou eu un contact avec l’amiante.

L’Association CAPER 42 s’est créée pour :

- Regrouper des victimes, des familles, des syndicalistes, des mutualistes, des personnes concernées par l’amiante,
- Travailler avec des conseillers techniques : médecins, préventeurs, chercheurs et des juristes.
- Promouvoir l’entraide et la sollidarité entre les victimes de l’amiante, les regrouper pour défendre leurs intérêts.
- Aider à la reconnaissance et à l’indemnisation des maladies liées à l’amiante (déclaration, recherche des expositions, aide juridique)
- obtenir l’indemnisation de toutes les victimes de l’amiante : travailleurs salariés, travailleurs non salariés et victimes environnementales.
- Améliorer les conditions d’accès à la Cessation Anticipée d’Activité
- Obtenir un suivi médical de qualité pendant et après l’activité professionnelle,
- Informer toutes les personnes susceptibles d’être exposées au risque amiante, les aider à se protéger et à se défendre,
- Agir collectivement et représenter les victimes auprès des caisses, des institutions médicales et des pouvoirs publics,
- Imposer des réformes profondes en matière d’indemnisation des maladies, de médecine du travail et de prévention des risques professionnels.